Besoins médicaux

BESOINS MEDICAUX

Besoins médicaux

L’accroissement rapide de la connaissance scientifique et de nombreuses études ont permis de comprendre les liens étroits entre le déséquilibre du microbiote intestinal et de nombreuses pathologies. En effet, il a été démontré que les patients atteints de maladies infectieuses, de cancers, de maladies métaboliques, ou encore de certaines maladies auto-immunes avaient un microbiote intestinal significativement différent des individus sains.

Résistance et infections bactériennes

Lorsque l’on prend un traitement antibiotique, le microbiote se retrouve profondément perturbé et peut alors être colonisé par des bactéries résistantes aux antibiotiques ou par des bactéries pathogènes, habituellement incapables de survivre et proliférer dans un microbiote sain.

Les traitements antibiotiques favorisent notamment la colonisation intestinale et la prolifération de la bactérie C. difficile, directement responsable des infections à C. difficile. Ces infections causent chez les patients des diarrhées sévères et douloureuses, et diminuent drastiquement leur qualité de vie. Elles peuvent être mortelles dans certains cas.

La pression de sélection exercée par les antibiotiques est également à l’origine des phénomènes d’émergence et de dissémination de bactéries résistantes aux antibiotiques qui sont responsables d’un large éventail d’infections difficiles à traiter. Cette situation est particulièrement préoccupante chez les patients déjà gravement malades comme ceux atteints d’hémopathies malignes ou les patients hospitalisés dans des unités de soins intensifs. Chez ces patients, la perturbation du microbiote intestinal peut entraîner de graves complications, dont les bactériémies (passage de bactéries dans le sang) qui sont souvent mortelles.

Protéger le microbiote intestinal des individus permet de diminuer le risque de développer des infections graves et de disséminer des bactéries résistantes aux antibiotiques dans l’environnement.

Efficacité des immunothérapies anticancéreuses

Le microbiote intestinal est essentiel dans la formation et le développement du système immunitaire de l’Homme. Plusieurs études ont mis en évidence un lien entre le microbiote intestinal et le développement de cancers, l’immunité anticancéreuse, et l’efficacité des traitements anticancéreux. Elles ont montré que la perturbation induite par les antibiotiques (nommée dysbiose) serait notamment responsable d’une altération de l’immunité des patients à l’origine d’une perte d’efficacité des immunothérapies anticancéreuses telles que les traitements par des inhibiteurs des checkpoints immunitaires (ICI), ce qui in fine aboutirait à une réduction de la survie chez ces patients. Plus de 50 études académiques et industrielles et une dizaine de méta-analyses publiées depuis 2018 s’accordent désormais pour dire que les antibiotiques ont un impact délétère sur la survie des patients atteints d’un cancer traité par des inhibiteurs des checkpoints immunitaires.

Protéger le microbiote intestinal des patients atteints de cancers traités par des immunothérapies doit améliorer leur survie.

Maladie du greffon contre l’hôte

La dysbiose induite par les antibiotiques peut aussi altérer l’immunité des patients atteints d’une hémopathie maligne et recevant une greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques (allo-HSCT) et ainsi favoriser le développement de la maladie du greffon contre l’hôte (GvHD). La GvHD aiguë survient chez 25 à 40 % de ces patients et constitue une cause majeure d’échec de la greffe et de mortalité post-greffe.

Protéger le microbiote intestinal des patients greffés doit réduire l’occurrence et la sévérité de la GvHD et augmenter la survie de ces patients.